La peur des feux d’artifice et des pétards touche de nombreux chiens, et elle ne se règle pas le 31 décembre au soir. La bonne nouvelle, c’est que novembre est le bon moment pour commencer à l’aider, en douceur. Entre un travail progressif sur les sons, un coin refuge et quelques bonnes habitudes le jour J, vous pouvez rendre cette soirée bien moins éprouvante pour lui.
Pourquoi ces bruits le terrifient
Pour un chien, le feu d’artifice cumule tout ce qui inquiète : des détonations soudaines et imprévisibles, des éclairs, des odeurs de poudre, et aucun moyen de comprendre d’où vient le danger. Son ouïe, bien plus fine que la nôtre, n’arrange rien. Il ne fait pas de caprice : sa réaction est une vraie peur.
Elle peut se manifester de bien des façons : halètement, tremblements, salivation, recherche d’une cachette, aboiements, tentatives de fuite, ou encore destructions. Certains signes sont plus discrets, comme le bâillement ou le léchage de truffe : nos articles sur les signaux d’apaisement et sur le chien qui tremble vous aideront à les reconnaître.
Dès novembre : l’habituer doucement aux sons
La désensibilisation consiste à faire entendre le son redouté à un volume très faible, dans un moment agréable, puis à l’augmenter très progressivement. Il est conseillé de commencer au moins 4 à 6 semaines avant l’événement : nous y sommes.
Voici comment procéder :
- Choisissez un enregistrement de feux d’artifice et réglez le volume au plus bas, à la limite de l’audible.
- Associez ce son à du positif : un jeu, un repas, une friandise de grande valeur. Le son s’arrête, les bonnes choses aussi.
- Faites de courtes séances, quelques minutes par jour, en restant vous-même détendu.
- Augmentez le volume par toutes petites étapes, seulement si votre chien reste à l’aise.
- Revenez en arrière au moindre signe de malaise : oreilles couchées, arrêt de la friandise, fuite du regard.
L’objectif n’est pas d’exposer le chien à sa peur pour qu’il « s’y fasse », ce qui risquerait de l’aggraver. Si sa peur est déjà très forte, demandez conseil à un vétérinaire comportementaliste avant de commencer.
Préparer un coin refuge
Installez dès maintenant, dans une pièce calme et plutôt centrale, un espace que votre chien aime déjà : son panier, sa caisse ouverte recouverte d’une couverture, ou un coin sous un bureau. Laissez-y des couvertures portant votre odeur et un jouet à mâcher. Ne l’y enfermez jamais : il doit pouvoir y aller et en sortir librement. S’il choisit de lui-même un autre lieu, comme la salle de bains, respectez ce choix.
Certains vétérinaires conseillent en complément un diffuseur de phéromones apaisantes, à brancher environ deux semaines avant, ou des compléments alimentaires. Parlez-en avec votre vétérinaire, et testez-les avant le soir du réveillon pour vérifier qu’ils conviennent à votre chien.
Le 31 décembre : une journée bien organisée
Le jour même, quelques précautions simples limitent les risques :
- Promenez-le tôt, en pleine journée, et assez longuement. Des pétards peuvent éclater dès le début de l’après-midi : gardez-le en laisse même s’il revient d’habitude au rappel.
- Servez son repas avant la tombée de la nuit, pour qu’il ait l’estomac plein avant les premiers bruits.
- Fermez fenêtres, volets et rideaux, et allumez la lumière pour atténuer les éclairs.
- Mettez de la musique ou la télévision, à un volume normal, pour couvrir les bruits.
- Vérifiez son identification : puce à jour, coordonnées récentes, médaille au collier. Les fugues sont nombreuses ce soir-là.
- Évitez de le laisser seul, si vous le pouvez, et ne l’emmenez surtout pas voir le spectacle.
Faut-il le rassurer ?
On entend souvent qu’il ne faut pas consoler un chien qui a peur, sous peine de renforcer sa crainte. Les avis restent partagés, mais l’idée la plus raisonnable est celle-ci : restez calme et disponible. S’il vient vers vous, accueillez-le avec des caresses douces, une voix posée, sans effusion. S’il préfère sa cachette, laissez-le tranquille sans le forcer à sortir.
Ce qu’il faut vraiment bannir, c’est la punition ou les réprimandes : le chien n’y comprendrait rien et sa peur redoublerait. On évite aussi de le tenir de force, ou de le surprendre dans sa cachette. Un chien acculé peut grogner ou se défendre, même s’il est habituellement très doux.
Quand consulter le vétérinaire
Si la peur est intense, n’attendez pas le dernier moment. Un vétérinaire peut évaluer la situation, proposer un travail comportemental et, si nécessaire, prescrire un traitement adapté. Prenez rendez-vous bien avant les fêtes, car certains traitements doivent être testés à l’avance.
Ne donnez jamais à votre chien un médicament destiné aux humains, même à petite dose : certains sont dangereux pour lui. Enfin, si votre chien reste prostré ou s’effondre, si sa respiration vous inquiète ou s’il s’est blessé en paniquant, contactez sans tarder une clinique vétérinaire de garde. Son numéro est bon à noter dès maintenant, car beaucoup de cabinets sont fermés le soir du réveillon.
