À peine sorti, il fonce vers la pelouse et se met à brouter comme une petite vache. Beaucoup de maîtres s’inquiètent de voir leur chien manger de l’herbe, surtout quand il la rend un peu plus tard. Rassurez-vous : c’est l’un des comportements les plus répandus chez le chien, et dans la grande majorité des cas, il n’a rien d’alarmant. Il mérite simplement un peu d’attention.
Un comportement très fréquent
Les enquêtes menées auprès de propriétaires montrent qu’une large majorité de chiens mangent de l’herbe de temps en temps, et que la plupart ne présentent aucun signe de maladie avant ou après. Seule une petite partie d’entre eux vomit ensuite. Autrement dit, l’idée selon laquelle le chien mange de l’herbe uniquement « pour se faire vomir » ne correspond pas à la réalité de la plupart des cas.
Les explications possibles
Les vétérinaires et les spécialistes du comportement avancent plusieurs pistes, qui ne s’excluent pas entre elles.
Un héritage de ses ancêtres
Le loup, cousin du chien, consomme lui aussi des végétaux, que ce soit directement ou via l’estomac de ses proies. Les études sur les excréments de loups sauvages y retrouvent régulièrement des herbes. Manger un peu de verdure serait donc un comportement naturel, hérité de longue date.
Le goût, tout simplement
Beaucoup de chiens choisissent soigneusement leurs brins, souvent de jeunes pousses tendres au printemps ou après la pluie. Certains semblent apprécier la texture ou la saveur, comme d’autres apprécient un bâton à mâchonner.
L’ennui ou le besoin de s’occuper
Un chien qui manque d’activité peut se mettre à brouter par désœuvrement, comme il pourrait ronger un meuble. C’est plus fréquent chez les jeunes chiens et ceux qui passent de longues heures seuls. Plus de jeux, de flair et de balades variées réduisent souvent ce comportement.
Un petit inconfort digestif
Certains chiens mangent de l’herbe de façon plus frénétique, avalent de longs brins sans mâcher et vomissent rapidement. Chez eux, il peut s’agir d’une réaction à un estomac barbouillé. Le lien de cause à effet n’est pas clairement établi : on ne sait pas toujours si l’herbe soulage un malaise ou si elle provoque elle-même le vomissement.
Un besoin de fibres ?
On évoque parfois un manque de fibres dans l’alimentation. Quelques cas rapportés montrent un chien qui a cessé de manger de l’herbe après un changement de régime plus riche en fibres, mais les données restent limitées. Si vous vous interrogez sur sa ration, parlez-en à votre vétérinaire plutôt que de modifier vous-même son alimentation. Notre article sur le choix entre croquettes, pâtées ou fait maison peut vous aider à préparer cette discussion.
Quand faut-il s’inquiéter ?
Un chien en pleine forme qui grignote un peu d’herbe de temps en temps n’a pas besoin de consultation. En revanche, appelez votre vétérinaire si vous constatez :
- des vomissements répétés, sur plusieurs jours, ou contenant du sang ;
- une diarrhée, une perte d’appétit ou un chien qui boude sa gamelle ;
- un abattement, de la fièvre ou un ventre gonflé et douloureux ;
- une consommation d’herbe soudaine et frénétique chez un chien qui ne le faisait jamais ;
- un amaigrissement.
Ces signes peuvent révéler un trouble digestif, des parasites ou une autre maladie qui demandent un examen.
Les vrais dangers : ce qui se cache dans l’herbe
L’herbe elle-même est rarement le problème. Ce sont plutôt les à-côtés qu’il faut surveiller :
- les pesticides et engrais : évitez de le laisser brouter le long des champs traités, des terrains de sport ou des pelouses récemment traitées ;
- les plantes toxiques : laurier-rose, if, muguet, azalée, colchique d’automne ou digitale ne doivent jamais être mâchonnés ;
- les épillets : ces petits épis secs de graminées, très présents de la fin du printemps à l’été, se logent dans le nez, les oreilles ou entre les doigts ;
- les parasites : les herbes souillées par les excréments d’autres animaux peuvent transmettre des vers. Une vermifugation régulière, selon le rythme conseillé par votre vétérinaire, reste la meilleure protection ;
- les chenilles processionnaires au printemps, dont les poils sont urticants, comme nous l’expliquions dans notre article sur les chenilles processionnaires.
Au jardin, le plus simple est de ne pas traiter la pelouse et de vérifier que vos massifs ne contiennent pas de plantes dangereuses.
Faut-il l’empêcher ?
Pas forcément. Si votre chien est en bonne santé, mange quelques brins sans conséquence et broute dans un endroit sûr, vous pouvez le laisser faire. S’il exagère ou se jette sur des zones douteuses, apprenez-lui un « laisse » bien récompensé, et proposez-lui une alternative à mâcher. Et si le comportement change brusquement, faites confiance à votre intuition : un avis vétérinaire vous rassurera toujours plus que mille recherches en ligne.
