Quand les températures remontent, une menace discrète réapparaît sous nos pas: les chenilles processionnaires, capables de provoquer des lésions sévères chez le chien en quelques minutes.
Avec les bons réflexes et un peu d’anticipation, vous pouvez sécuriser vos balades et éviter des urgences vétérinaires.
Pourquoi ces chenilles sont-elles si dangereuses ?
Leur arme principale: des poils urticants microscopiques libérant des toxines qui s’accrochent à la peau et aux muqueuses. Au contact de la truffe, de la langue ou des yeux, ils déclenchent une réaction inflammatoire intense: douleur aiguë, hypersalivation, œdème, ulcères et parfois nécrose linguale. Dans les cas les plus graves, un choc anaphylactique ou une détresse respiratoire peuvent survenir, imposant une prise en charge vétérinaire immédiate.
On rencontre surtout ces chenilles près des pins (nids soyeux blancs visibles dans les houppiers) et des chênes. Elles se déplacent en file indienne au sol, particulièrement en fin d’hiver et au printemps, période où les chiens curieux risquent de renifler ou lécher la procession.
- Zones à risque: lisières de forêts de pins et de chênes, parcs, jardins privés mal entretenus
- Indices visuels: nids blancs sur les branches, files de chenilles au sol
- Exposition typique: exploration du sol, flairage, léchage des pattes après balade
Signes à reconnaître et gestes d’urgence
Surveillez l’apparition de douleur brutale à la bouche, hypersalivation épaisse, langue ou babines enflées, vomissements, frottements des yeux, gêne respiratoire. Le tableau peut évoluer rapidement; chaque minute compte.
Que faire immédiatement ?
- Éloignez calmement votre chien de la zone et empêchez-le de se lécher.
- Portez des gants: ne touchez pas les chenilles ni les poils urticants à mains nues.
- Rincez abondamment (eau à température ambiante) la bouche, la langue, les pattes et, si besoin, les yeux en laissant couler l’eau sans frotter.
- Retirez délicatement toute chenille visible avec un carton ou un bâton; ne pas écraser.
- Contactez votre vétérinaire en urgence et rendez-vous en clinique sans tarder.
- À ne pas faire: frotter, appliquer des pommades maison, vinaigre ou bicarbonate, administrer des médicaments sans avis vétérinaire.
Prévenir l’exposition: gestion de l’environnement et dressage
La meilleure protection reste l’évitement. En période sensible, privilégiez des itinéraires loin des pins et des chênes, tenez votre chien en laisse courte dans les zones à risque et apprenez-lui des ordres de contrôle utiles.
- Éducation/dressage: renforcez un rappel fiable, un « tu laisses » solide et l’autocontrôle au sol; récompensez chaque évitement.
- Outils de gestion: en balade, une muselière panier peut empêcher la prise en gueule chez les chiens très fouilleurs.
- Jardin: faites intervenir des professionnels pour retirer les nids; surveillez régulièrement les arbres, informez voisins et promeneurs.
- Veille locale: suivez les alertes municipales ou associatives signalant les zones infestées.
Rester vigilant, travailler quelques ordres clés et connaître les bons gestes change tout: vos sorties printanières peuvent rester sereines et agréables. Partagez l’information avec votre entourage et gardez le numéro de votre vétérinaire à portée de main pour réagir vite au moindre doute.
